Une solide armature urbaine
Rhône-Alpes est une région fortement urbanisée. La moitié de son territoire (49 %) est ainsi constituée d'espaces à dominante urbaine (pôles urbains et couronnes péri-urbaines), contre 41 % en moyenne en France. Si les communes de l'espace à dominante urbaine restent minoritaires en France métropolitaine (49,3 %), elles représentent 59,5 % des communes rhônalpines[1].
L'espace à dominante urbaine concentre dans la région 86 % de la population et 87 % de l'emploi (contre respectivement 82 % et 84 % en France métropolitaine). La population de cinq autres régions françaises est toutefois encore davantage urbanisée : Ile-de-France, Alsace, Nord-Pas-de-Calais, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Haute-Normandie. Les pôles urbains (qui correspondent au coeur des aires urbaines), constitués par 15 % des communes, concentrent deux tiers des Rhônalpins.
L'urbanisation de la région Rhône-Alpes s'inscrit dans celle plus vaste du grand Sud-Est de la France. Les zones de densité supérieure à 80 hab./km² tendent à relier en un continuum le littoral méditerranéen aux agglomérations stéphanoise et lyonnaise, et cette dernière au Sillon alpin, lui-même très densément peuplé.
Les nombreuses villes de Rhône-Alpes assurent un bon maillage de l'espace régional. L'agglomération[2] de Lyon est la troisième de France, derrière Paris et Marseille. Si l'on considère la notion d'aire urbaine[3], qui permet de déterminer jusqu'où s'étend l'influence socio-économique de la ville, Lyon devance Marseille et arrive en deuxième position nationale. Elle compte ainsi plus de 1,6 million d'habitants et constitue une métropole à vocation européenne et internationale.
Les agglomérations de Grenoble et de Saint-Etienne dépassent chacune 250 000 habitants. Cinq autres grandes villes sont réparties sur le territoire : Annecy, Bourg-en-Bresse, Chambéry, Roanne et Valence. 22 villes moyennes complètent ce maillage urbain.
| Population de l'agglomération (unité urbaine) 1999 | Variation annuelle moyenne de 1990 à 1999 (%) | Population de l'aire urbaine 1999 | Variation annuelle moyenne de 1990 à 1999 (%) | |
|---|---|---|---|---|
| Lyon | 1 348 832 | + 0,45 | 1 648 216* | + 0,68 |
| Grenoble | 419 334 | + 0,38 | 514 559 | + 0,65 |
| Saint-Etienne | 291 960 | - 0,90 | 321 703 | - 0,72 |
| Annecy | 136 815 | + 0,85 | 189 674 | + 1,26 |
| Valence | 117 448 | + 0,28 | 167 155 | + 0,58 |
| Chambéry | 113 457 | + 0,87 | 131 280 | + 1,04 |
| Annemasse (partie française de l'agglomération genevoise) | 106 673 | + 0,86 | 212 248 | + 1,28 |
| Saint-Chamond | 82 535 | - 0,25 | 84 925 | - 0,22 |
| Roanne | 80 272 | - 0,42 | 104 892 | - 0,28 |
| Villefranche-sur-Saône | 59 261 | + 0,64 | 63 632 | + 0,68 |
| Bourg-en-Bresse | 57 198 | + 0,27 | 101 016 | + 0,61 |
Source : INSEE, Recensement de la population, 1999
Entre 1990 et 1999, la population des aires urbaines rhônalpines a progressé de 5,3 %, soit un peu moins fortement que celle de l'ensemble du territoire régional. Si le solde naturel a été relativement élevé dans les aires urbaines, ces dernières ont en moyenne connu un léger déficit migratoire (touchant les pôles urbains), avec des départs plus nombreux que les arrivées.
Les plus fortes progressions de population dans les aires urbaines entre 1990 et 1999 ont concerné le Sillon alpin, de Chambéry à Annemasse. Lyon, Grenoble, Valence, Annecy et Annemasse ont enregistré un solde naturel très favorable au cours de la décennie quatre-vingt-dix. Un solde migratoire nettement positif a dans le même temps été enregistré dans les aires urbaines de Chambéry, Annecy, Annemasse et Bourg-en-Bresse.
La population s'est parallèlement largement redéployée au sein des aires urbaines. La part de la population des pôles urbains s'est réduite, tandis que celle des couronnes périurbaines augmentait. Les aires urbaines se sont étendues, progressant de 30 % en superficie entre 1990 et 1999. L'extension territoriale des aires urbaines est en général liée à leur taille. Celles de Lyon et de Grenoble ont ainsi vu leur périmètre s'étendre respectivement de 57 et 18 communes au cours de cette période.
Les villes centres d'Annecy, Grenoble, Lyon et Chambéry ont vu croître leur population, ce qui leur a permis de réaffirmer leur dynamisme et de mieux jouer leur rôle moteur au sein des territoires. Depuis 1999, parallèlement à l'extension des agglomérations, plusieurs grandes villes de Rhône-Alpes ont connu une hausse de leur population.
| Commune | Estimation de population 2004 | Evolution de la population des ménages 1999-2004 |
|---|---|---|
| Annecy | 50 800 | + 0,4 % |
| Bourg-en-Bresse | 41 300 | + 0,9 % |
| Chambéry | 58 200 | + 3,9 % |
| Grenoble | 157 500 | + 2,6 % |
| Lyon | 465 300 | + 4,5 % |
| Roanne | 36 400 | - 6,9 % |
| Saint-Etienne | 176 800 | - 2,6 % |
| Valence | 65 800 | + 2,2 % |
| Villeurbanne | 134 400 | + 7,1 % |
Malgré une tendance à la décentralisation vers les couronnes périurbaines, l'emploi reste concentré à plus de 73 % dans les pôles. L'élargissement géographique des aires urbaines s'accompagne donc du développement des trajets domicile - travail et de leur allongement. Plus des trois quarts des actifs des communes périurbaines ou plus éloignées quittent leur commune de résidence pour aller travailler. Les trajets domicile - travail se sont allongés de 10 % entre 1990 et 1999, atteignant près de 13 km en moyenne[4].
La tendance à l'extension territoriale des agglomérations s'est poursuivie après 1999. La hausse des prix immobiliers a encore accentué l'éloignement des habitants des centres urbains. Le rayonnement de l'agglomération lyonnaise tend de plus en plus à sortir des limites départementales du Rhône, en débordant dans l'Ain, l'Isère et la Loire. De même, l'agglomération de Genève s'étend de plus en plus sur le Pays de Gex (dans l'Ain) et la Haute-Savoie.
En Rhône-Alpes, 7 unités urbaines ont signé un contrat d'agglomération, afin de mettre en oeuvre des actions portant sur une échelle pertinente, dans une perspective de développement durable. Il s'agit des agglomérations de Chambéry Métropole, du Mâconais-Val de Saône (dont la commune centre est en Bourgogne mais qui couvre une partie du département de l'Ain), du Pays Viennois, du Pays Voironnais, de Grenoble Alpes Métropole, du Grand Roanne et de l'agglomération de Lyon (COURLY).
Ces contrats d'agglomérations concernent au total 191 communes et près de 2 millions d'habitants. La part de la population couverte par l'un de ces contrats est de 35 % dans la région[5].
Les huit grandes villes de Rhône-Alpes (Annecy, Bourg-en-Bresse, Chambéry, Grenoble, Lyon, Roanne, Saint-Etienne et Valence) fonctionnent en réseau depuis 1992. Ce réseau de villes-centres, agréé par le CIADT en 1997, a intégré en 2003 plusieurs structures intercommunales d'agglomérations[6]. Il vise à favoriser un développement multipolaire de la région et à valoriser les atouts respectifs des agglomérations, en exploitant leurs complémentarités. Plusieurs axes de coopération sont mis en oeuvre, à travers l'échange et la capitalisation d'expériences, la mutualisation de moyens, la prise de positions communes, ainsi que la mise en oeuvre de projets partagés. Les thèmes privilégiés sont le développement économique, la culture, la culture scientifique, technique et industrielle, le sport, ainsi que l'habitat et la mixité sociale urbaine.
L'association Région Urbaine de Lyon (R.U.L.), regroupant les départements de l'Ain, de l'Isère, de la Loire et du Rhône, la Région Rhône-Alpes, le Grand Lyon, Saint Etienne Métropole, les communautés d'agglomération de la Porte de l'Isère, du Pays Viennois, de Villefranche-sur-Saône, du Grand Roanne et de Bourg-en-Bresse, est quant à elle une structure de concertation sur les questions d'aménagement et de développement de l'espace dans la grande région urbaine de Lyon. Cette dernière, composée de 810 communes sur 10 378 km², compte plus de 2,9 millions d'habitants, soit près de 50 % de la population régionale.
[1] Données pour 1999.
[2] Agglomération ou unité urbaine : ensemble d'habitations comptant au moins 2 000 habitants, comprenant la ville centre et son éventuelle banlieue. Cette notion repose sur la continuité du bâti.
[3] Aire urbaine : ensemble de communes comprenant un pôle urbain (unité urbaine offrant au moins 5 000 emplois) et une couronne périurbaine. Cette notion est basée sur l'attractivité en termes d'emploi.
[4] Lettre INSEE Rhône-Alpes, octobre 2001. Sans tenir compte des déplacements hors de la région Rhône-Alpes.
[5] Observatoire des Territoires, DIACT.
[6] Communauté urbaine de Lyon, Grenoble Alpes Métropole, Saint-Etienne Métropole, la communauté d'agglomération d'Annecy, Chambéry Métropole, le Grand Roanne, la communauté d'agglomération de Bourg-en-Bresse.




