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4. Les activités économiques / 4.2 Les entreprises rhônalpines

Une région attractive pour les capitaux étrangers

Le tissu économique de Rhône-Alpes est largement internationalisé. En 2006, l'observatoire de la CRCI Rhône-Alpes dénombrait près de 2 500 établissements d'entreprises à capitaux étrangers ou de filiales de groupes étrangers. Cet observatoire dispose de données détaillées sur près de 900 de ces établissements, comptant au moins 50 salariés, grâce à une enquête annuelle.

C'est dans le Rhône, l'Isère et la Haute-Savoie que ces établissements sont les plus nombreux au sein du tissu économique. Entre 2003 et 2006, leur nombre s'est accru dans l'Isère, la Loire, la Savoie et l'Ain.

Si les entreprises à capitaux étrangers sont les plus nombreuses dans l'industrie, on note toutefois que le nombre d'établissements s'est un peu replié entre 2003 et 2006, alors qu'il progressait dans le commerce et les services.

Les établissements (de 50 salariés et plus) d'entreprises à capitaux étrangers, par département
 Nb d'établissementsEffectif salarié correspondant estimé
Industrie529115 000
Services19937 000
Commerce14817 300
BTP132 500
Agriculture2130
Total891171 930
Source : Observatoire de la CRCI Rhône-Alpes, 1/01/2006
Etablissements d'entreprises dont au moins 30 % du capital sont d'origine étrangère ou qui sont filiales indirectes d'un groupe étranger

C'est aussi dans l'industrie que les capitaux étrangers sont les plus présents : pour ce qui est des établissements comptant au moins 50 salariés, les entreprises à capitaux étrangers représentent 32 % des établissements industriels et 39 % de leurs effectifs salariés. Pour ce dernier pourcentage, on note une progression de cinq points depuis 2000.

Dans le tertiaire, les entreprises à capitaux étrangers représentent un peu plus de 20 % des effectifs salariés.

Si Rhône-Alpes apparaît moins dépendante des capitaux étrangers que d'autres régions, notamment du Nord-Est du pays, elle joue cependant un rôle de premier plan dans l'attractivité de la France. Elle est ainsi la région de localisation en France de 13,3 % des effectifs d'entreprises industrielles à capitaux étrangers et de 11,8 % de leurs investissements[1] .

Part des établissements d'entreprises industrielles
à capitaux étrangers

Source : SESSI-EAE

Les établissements (de 50 salariés et plus) d'entreprises à capitaux étrangers, par département
DépartementNombre d'étab.Répartition en %
Ain677,5 %
Ardèche262,9 %
Drôme495,5 %
Isère18020,2 %
Loire10211,4 %
Rhône33437,5 %
Savoie384,3 %
Haute-Savoie9510,7 %
Rhône-Alpes891100,0 %
Source : Observatoire de la CRCI Rhône-Alpes, 1/01/2006
Etablissements d'entreprises dont au moins 30 % du capital sont d'origine étrangère ou qui sont filiales indirectes d'un groupe étranger

Selon le tableau de bord des investissements étrangers en France réalisé par l'AFII, Rhône-Alpes est au 2e rang des régions françaises pour les projets de création/extension d'activités impliquant des entreprises à capitaux étrangers, dans un contexte de concentration croissante de ces projets dans les grandes régions économiques du pays. En 2004, Rhône-Alpes a représenté 14,9 % de ces projets et 12,3 % en 2005.

La présence des capitaux étrangers au sein du tissu économique régional s'est progressivement accrue ces dernières années. En Rhône-Alpes comme en France, les entreprises à capitaux étrangers ont ainsi représenté une part croissante des établissements industriels, et plus encore des effectifs industriels. En termes de part des effectifs salariés, Rhône-Alpes a rejoint la moyenne nationale depuis 2002.

Part des établissements d'entreprises
à capitaux étrangers majoritaires dans l'industrie

Depuis 2002, on constate une stabilisation de la présence des capitaux étrangers en termes de nombre d'établissements comptant au moins 50 salariés. Cette stabilisation est intervenue dans un contexte de baisse des investissements directs à l'étranger, avec la nette réduction des opérations de fusion-acquisition et la crise de confiance sur les marchés boursiers. Par ailleurs, un redéploiement géographique s'est opéré avec la montée en puissance des pays de l'Est en termes de lieux d'implantation d'activités économiques en Europe. Depuis 2004 cependant, les flux d'investissements directs à l'étranger sont de nouveau en progression.

La stabilité globale du nombre d'établissements à capitaux étrangers masque aussi des évolutions différenciées selon les secteurs : repli des établissements industriels et nouveaux établissements dans le tertiaire. Par ailleurs, les effectifs salariés des entreprises à capitaux étrangers ont progressé entre 2003 et 2006 : des implantations existantes voient en effet leur activité se développer. L'entreprise américaine de biotechnologies Genzyme, qui dispose déjà de deux implantations dans l'agglomération lyonnaise, vient ainsi par exemple d'annoncer la création d'une 3ème unité.

Les établissements d'entreprises à capitaux étrangers, par nationalité
 Nombre étab.Répartition en %Part des effectifs
Union européenne51958,3 %55,8 %
Allemagne14416,2 %15,0 %
Royaume-Uni11312,7 %8,5 %
Italie556,2 %4,7 %
Suède465,2 %9,0 %
Pays-Bas404,5 %6,2 %
Belgique414,6 %3,7 %
Danemark182,0 %2,7 %
Espagne273,0 %2,5 %
Autres pays de l'UE353,9 %3,5 %
Autres pays européens586,5 %5,6 %
dont Suisse515,7 %5,1 %
Amérique du nord25128,2 %28,9 %
Etats-Unis23626,5 %26,7 %
Canada151,7 %2,2 %
Autres pays434,8 %7,0 %
dont Japon232,6 %5,3 %
Chine50,6 %0,5 %
Australie30,3 %0,1 %
Russie20,2 %0,4 %
Turquie20,2 %0,2 %
Mixtes (plusieurs nationalités)202,2 %2,7 %
Total891100,0 %100,0 %
Source : Observatoire des CCI de Rhône-Alpes, janvier 2006

Le tissu économique constitué par les entreprises à capitaux étrangers est en constante évolution : de nouvelles unités sont créées, d'autres sont fermées ou transférées, des entreprises régionales sont rachetées par des capitaux étrangers, alors que pour d'autres, les capitaux redeviennent français.

De 1993 à 2005, selon le suivi réalisé par l'AFII, on constate que la part des rachats d'entreprises dans l'ensemble des projets d'investissements étrangers est plus élevée en Rhône-Alpes (30 %) qu'en France (23,8 %).

Rhône-Alpes apparaît particulièrement attractive pour les entreprises à capitaux suisses, puisque 22,2 % des salariés des groupes helvétiques implantés en France [2] le sont dans la région. La région accueille aussi 14,4 % des salariés des entreprises à capitaux italiens. Rhône-Alpes est la première région d'implantation en France pour les groupes suisses mais aussi suédois. Elle est la seconde région pour les groupes anglais, italiens et américains.

Les Etats-Unis sont le premier pays d'origine des capitaux étrangers présents en Rhône-Alpes avec 236 établissements de 50 salariés ou plus. Ils représentent plus du quart de l'ensemble des entreprises à capitaux étrangers de la région, tant en termes d'établissements que de salariés.

Les implantations rhônalpines d'entreprises à capitaux étrangers présentent, dans la grande majorité des cas, des centres de décision. On constate ainsi que les 2/3 des établissements régionaux à capitaux étrangers dépendent d'un siège social localisé en Rhône-Alpes. Les groupes étrangers sont ainsi nombreux à localiser dans la région le siège de leur filiale française. On a ainsi noté ces dernières années le transfert en Rhône-Alpes des sièges des filiales suivantes de groupes étrangers : Aluminium Péchiney (Groupe Alcan) de Paris à Voreppe (38) en 2005, Bayrol France d'Alsace à Dardilly (69) en 2006, Brake France Service de la région parisienne à Limonest (69) en 2006, Stryker France de la région parisienne à Pusignan (69) en 2003.

Base de données des établissements de 50 salariés et plus

Les activités de recherche sont également bien représentées parmi les projets d'investissement étranger en Rhône-Alpes : selon le suivi réalisé par l'AFII, de 1993 à 2005, 14 % des projets d'investissement étranger en Rhône-Alpes étaient liés à un centre de recherche contre 6 % au plan national. La société d'ingénierie américaine Modern Engineering a par exemple annoncé en 2006 l'implantation à Saint-Etienne de son centre européen d'ingénierie (conception de composants pour l'automobile).


[1] Etablissements d'entreprises industrielles de 20 salariés et plus, 1/1/2004, enquête EAE du SESSI.

[2] Source : EAE SESSI au 1/1/2003, établissements d'entreprises industrielles de 20 salariés et plus

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