Une base productive marquée par des évolutions structurelles
Ces quinze dernières années, la valeur ajoutée de l'industrie régionale (en valeur) a progressé à l'exception des années 1993 et 2002. Depuis 2002, elle a modérément progressé chaque année. L'industrie rhônalpine étant fortement positionnée sur les branches en amont du processus de production, elle présente ainsi une importante sensibilité aux variations conjoncturelles.
Toutes les branches ont connu une progression de leur valeur ajoutée, les plus fortes hausses sur quinze ans ayant été enregistrées par l'énergie, l'industrie des biens intermédiaires, qui a conforté ainsi sa place de première branche au sein du tissu industriel régional, puis l'automobile. C'est la branche des biens d'équipement qui a connu la progression la plus modeste, la disparition d'importantes unités de production d'équipements électroniques devant être prise en compte dans l'appréciation de cette évolution.
Sur la même période 1990-2005, l'emploi industriel régional a été orienté à la baisse : - 13,2 % avec une perte de 74 000 emplois. Ce recul de l'emploi a touché les salariés, et plus encore les emplois non salariés de l'industrie. Il s'est opéré de 1991 à 1994, puis à partir de 2001. La baisse de l'emploi industriel a été nettement plus sensible au plan national au cours de la période : - 18 %, et ce pour tous les grands secteurs industriels.

Ce recul de l'emploi industriel est ainsi intervenu alors que la valeur ajoutée continuait à progresser, dans un contexte de gains de productivité à assurer pour faire face à la pression croissante de la concurrence internationale.
L'évolution de l'emploi industriel apparaît par ailleurs fortement différenciée selon les secteurs. Certains ont ainsi été créateurs d'emplois entre 1990 et 2005, compensant en partie les pertes enregistrées dans d'autres secteurs : les composants électriques et électroniques (+ 8 000 salariés), l'agroalimentaire (+ 4 000 salariés), la pharmacie/parfumerie/entretien (+ 3 000 salariés). La part des composants dans l'emploi industriel régional est ainsi passée de 5 % en 1990 à 7,5 % en 2005.
L'industrie des biens de consommation est celle qui a connu les plus fortes baisses d'effectifs depuis 1990. La création d'emplois dans l'industrie pharmaceutique n'a pas suffi à compenser d'importants reculs dans les autres secteurs. L'habillement-cuir a perdu plus de la moitié de ses effectifs salariés sur la période, sous l'effet de la très forte pression concurrentielle des pays émergents. Les industries des équipements du foyer ont perdu 30 % de leurs effectifs, avec une décrue rapide au début des années quatre-vingt-dix.

Les industries des biens intermédiaires ont également perdu des emplois sur la période, mais de façon moins importante que les biens de consommation. L'industrie des composants électriques et électroniques a enregistré une croissance régulière jusqu'en 2002, avant de connaître un tassement. Comme le cuir/habillement, le textile a connu une très forte baisse de l'emploi, à la fois au début des années quatre-vingt-dix et depuis 2001. La chimie/plasturgie, après un redressement à la fin des années quatre-vingt-dix, enregistre de nouveau un repli de son niveau d'emploi depuis 2002.

Les industries des biens d'équipement et de l'automobile ont connu de fortes fluctuations de leurs effectifs salariés depuis 1990, tant en Rhône-Alpes qu'à l'échelle nationale. La construction automobile a connu une baisse rapide de ses effectifs au début de la décennie quatre-vingt-dix, évoluant de façon plus défavorable qu'au plan national. A la fin de la décennie, l'emploi régional de ce secteur s'est par contre redressé plus nettement qu'au plan national jusqu'en 2001. Les effectifs se sont un peu tassés depuis lors. L'industrie des équipements électriques a également fait face à la crise de 1993, avant de connaître un développement sensible jusqu'en 2000. Depuis cette date, les effectifs ont de nouveau nettement reculé, du fait notamment des difficultés dans la production de matériel informatique. Après un recul sensible jusqu'en 1994, l'emploi des industries des équipements mécaniques s'est stabilisé.

Si le secteur de l'énergie a connu une baisse de ses effectifs salariés depuis 1990, c'est dans la production de combustibles/carburants qu'elle s'est réalisée.

Dans un contexte de repli de l'emploi industriel entre fin 2001 et fin 2005 (- 9,3 % selon les données Assedic), un certain nombre de secteurs voient toujours leur effectif salarié se développer : fabrication d'éléments en métal pour la construction, qui a bénéficié de la vitalité de la construction neuve de ces dernières années, fabrication de matériel médicochirurgical et d'orthopédie, fabrication de composants électroniques, certaines activités de l'agroalimentaire (fabrication industrielle de pain, aliments pour les enfants et diététiques, pâtes alimentaires, transformation des fruits et légumes.).
Pour d'autres activités, fortement soumises à la concurrence des pays d'Europe de l'Est, du Maghreb ou d'Asie, d'importants reculs ont été enregistrés depuis 2001 : équipements électriques et électroniques (matériel informatique, appareils d'émission et de transmission, de mesure et de contrôle), biens de consommation (habillement, chaussures, articles de sport, matériels optiques et photographiques), textile (filature et tissage, fabrication d'étoffes et d'articles à maille), industrie du caoutchouc.
Le nombre d'établissements employeurs de l'industrie régionale est également en recul : disparition de 1 700 établissements entre fin 2001 et fin 2005 (- 7,6 %). Par contre, l'effectif salarié moyen des établissements industriels a légèrement progressé. Ce recul du nombre d'établissements employeurs a concerné tous les grands secteurs d'activité, à l'exception de l'automobile, des composants électroniques, des équipements mécaniques et de l'énergie qui ont vu leur nombre d'établissements employeurs être stable ou progresser légèrement.
Le nombre de très petites entreprises industrielles (TPE) comptant entre 0 et 9 salariés a également diminué : disparition de 1 000 entreprises entre 1998 et 2004.
Les difficultés de l'industrie ne s'accompagnent ainsi pas uniquement de réductions d'effectifs dans les grands établissements. La mutation de l'industrie se traduit également par la disparition de nombreuses petites unités, qui jouaient également un rôle important pour l'activité et l'emploi au niveau régional.
Voir aussi Coup de projecteur "Vision de l'industrie en Rhône-Alpes" de septembre 2008




