Les années 2000 confirment le développement de l'activité du BTP

Photo : C-SERL - ASYLUM
Après une décennie quatre-vingt-dix particulièrement difficile, le redressement de l'activité du BTP, amorcé en 1998, s'est confirmé au cours de la première moitié des années 2000.
La valeur ajoutée du BTP a progressé très nettement depuis 1999, et ce de façon plus importante en Rhône-Alpes qu'en France (+ 47,5 % entre 1999 et 2005).
(en indices, base 100 en 1990)
Cette croissance de la valeur ajoutée s'est traduite par d'importantes créations d'emplois. En 2004, l'emploi salarié dans le secteur du BTP rhônalpin a retrouvé son niveau du début de la décennie 1990 (c'est-à-dire avant la crise du logement neuf). L'emploi non salarié s'est également redressé, sans retrouver cependant, et loin de là, son niveau de 1990.
(en indices, base 100 en 1989)
Entre décembre 2001 et décembre 2005, l'emploi salarié du BTP a augmenté de 9 % (10,2 % dans le bâtiment et 4,2 % dans les travaux publics), soit plus de 11 000 emplois supplémentaires. Le secteur de la construction a ainsi joué un rôle particulièrement moteur ces dernières années dans le développement de l'emploi.
Dans ce contexte, les recrutements dans le bâtiment et les travaux publics sont rendus parfois difficiles du fait de la pénurie de main d'ouvre pour certains métiers (maçons qualifiés, plombiers, chauffagistes, couvreurs, charpentiers et menuisiers du bâtiment, etc.).
L'évolution du nombre d'établissements reflète aussi le bon dynamisme du secteur de la construction depuis le début des années 2000. Entre 2002 et 2005, le BTP a enregistré une croissance du nombre d'établissements de + 7,5 %.
Ce développement du tissu d'établissements est notamment lié à un fort dynamisme de la création d'entreprises. Plus de 5 500 entreprises de la construction ont été créées en 2006 en Rhône-Alpes. La création d'entreprises dans le BTP affiche une forte hausse entre 2001 et 2006 (près de 43 % d'augmentation), avec une nette accélération en 2004 (+ 20,4 % entre 2003 et 2004).
Cependant, le développement de l'activité dans le bâtiment ne se traduit pas par une progression homogène du nombre d'établissements au sein des territoires de Rhône-Alpes. En effet, le nombre d'établissements du bâtiment a augmenté particulièrement dans les zones attractives pour les résidences secondaires ou pour l'habitat périurbain : vallées alpines de la Savoie et de la Haute-Savoie, Massifs de l'Oisans et du Vercors, Nord-Isère, Drôme, Ardèche, Monts du Lyonnais, plaine de l'Est lyonnais, Sud du Massif du Bugey, etc.
Après plusieurs années de croissance soutenue, le chiffre d'affaires du secteur du bâtiment a encore progressé de 9 % entre 2005 et 2006 [1]. Entre 2002 et 2006, cette croissance a été plus portée par le marché du logement neuf que par celui de l'immobilier d'entreprises.
Plusieurs éléments se sont conjugués pour soutenir la croissance de l'activité du bâtiment : confiance accrue des ménages en raison du recul du chômage jusqu'en début 2001, dispositifs d'incitation à l'investissement dans la pierre, baisse du taux de TVA sur les travaux d'entretien-amélioration de l'habitat, niveau des taux d'intérêt. Le dynamisme démographique de Rhône-Alpes est aussi à prendre en compte.
A partir de 1998, le nombre de logements mis en chantier est effectivement reparti nettement à la hausse avec un pic en 1999, lié au dispositif Périssol. Il s'est stabilisé à un niveau légèrement inférieur jusqu'en 2002, avant de connaître une nouvelle progression pour dépasser, à partir de 2004, le niveau atteint au début de la décennie quatre-vingt dix, avant la crise du logement neuf.
Le marché rhônalpin des locaux d'activités bénéficie de la très bonne attractivité économique de Lyon concernant l'immobilier de bureaux. Depuis 2002, il se stabilise aux alentours de 3,5 millions de m² par an, après avoir connu une période faste entamée en 1998 et un pic à plus de 4 millions de m² en 2001.
La métropole lyonnaise fait figure d'alternative française attractive à la région parisienne aux yeux des investisseurs immobiliers internationaux : moindre coût du foncier, très bonne desserte routière, ferroviaire et aéroportuaire, localisation stratégique par rapport aux régions du Sud de l'Europe, proximité de Genève, etc. Elle se positionne durablement sur l'échiquier européen en qualité de premier marché régional français pour l'immobilier de bureaux.
En 2006, Lyon s'est hissée ainsi au 5ème rang des marchés d'investissement immobilier les plus performants en Europe (perspectives de rendement et de risque), derrière Paris, Londres, Stockholm et Munich [2].
Le dynamisme du marché lyonnais est porté par plusieurs grands projets urbains : Confluence, extension du quartier d'affaires de la Part Dieu qui est déjà le second pôle tertiaire français après la Défense (Tour Oxygène, opération la Buire.), Carré de Soie (Villeurbanne - Vaulx-en-velin).
Les travaux publics en Rhône-Alpes ont quant à eux renoué également avec la croissance depuis 2004, après une période de repli en 2001 et 2002 : en 2006, le chiffre d'affaires des travaux publics réalisés en Rhône-Alpes aurait progressé de 5,2 %.
(en indices, base 100 en 1991)
Ces dernières années sont en effet caractérisées par le niveau historiquement élevé de l'activité des travaux publics, tant dans la région qu'en France. Cette croissance repose principalement sur la vitalité de l'investissement des collectivités locales en matière d'équipements publics, de transport ou de rénovation urbaine. L'approche des fins de mandats municipaux (et intercommunaux) entraîne en effet une recrudescence des efforts d'investissements au niveau local. La bonne santé du secteur du bâtiment et de la construction immobilière depuis 2000 induit aussi une augmentation des travaux de voirie et réseaux divers (VRD). L'impératif environnemental génère quant à lui des projets de mise en conformité des réseaux d'eau et d'assainissement.
Compte tenu des grands projets d'infrastructures nécessaires à la région, les perspectives de développement des activités du secteur des travaux publics sont encourageantes à moyen-long terme. Plusieurs grands projets routiers et ferroviaires vont se déployer ou sont en cours de lancement : l'A89, le contournement ferroviaire de Lyon, la liaison ferroviaire Grande Vitesse Transalpine (Lyon - Turin). D'autres sont attendus : l'A45, le contournement routier de Lyon, le bouclage du périphérique, la rocade Nord de Grenoble, la branche Sud de la LGV Rhin - Rhône, etc.
Les entreprises de travaux publics rhônalpines pourraient rencontrer des difficultés de recrutement croissantes pour faire face à la hausse de la demande, d'autant plus que les départs en retraite seront nombreux dans ce secteur. Une campagne de communication lancée en 2007 par la FNTP devrait permettre de recruter quelques 10 000 nouveaux salariés d'ici 5 ans dans la région.
[1] Source : CERA / Observatoire régional du BTP
[2] Source : Emerging Trends in Real Estate® Europe 2007, Urban Land Institute (ULI) et PricewaterhouseCoopers.




