Un rôle moteur pour le développement de l'emploi
Photo : PhotoDisc
La valeur ajoutée dans les services a enregistré un quasi-doublement entre 1990 et 2005 (+ 92 %) soit une progression nettement plus marquée que l'ensemble des activités économiques (+ 69 %). Le secteur a ainsi suivi les mêmes tendances dans la région qu'en France métropolitaine. Toutes les grandes catégories de services ont affiché une croissance très nette de la valeur ajoutée, dans des proportions relativement proches. Les progressions ont ainsi été de 105 % pour les services aux particuliers, de 92 % à 94 % pour les transports et les services aux entreprises.
Le secteur des services a joué un rôle moteur en matière d'emploi au cours des dernières années. Entre 1990 et 2005, l'emploi total s'est ainsi accru de 32,3 % dans les services, contre une hausse de 12,8 % pour l'ensemble des activités. Les progressions nationales ont été similaires, bien que légèrement moindres (respectivement + 30,3 % et + 10,5 %), notamment en fin de période. En Rhône-Alpes, même l'emploi non salarié, qui a accusé une baisse de 20 % pour l'ensemble des activités entre 1990 et 2005, s'est accru de 6,6 % dans les services.
Entre 1990 et 2005, les services aux particuliers se sont révélés les plus dynamiques en matière d'emploi salarié, dans la région comme au niveau national (respectivement + 70,4 % et + 65,8 %). La dégradation de l'activité économique en 2001 s'est cependant traduite par un ralentissement du rythme de progression.
De 1990 à 2005, l'emploi salarié dans l'hôtellerie-restauration s'est accru de 40 % dans la région. Depuis 2001, le rythme de développement de l'emploi s'est ralenti. Toutefois, entre fin 2001 et fin 2005, l'emploi salarié s'est encore développé de 7,5 % dans ces activités.
Les services personnels et domestiques ont enregistré une progression remarquable depuis 1990, particulièrement vive jusqu'en 1997. Le rythme de progression s'est sensiblement ralenti par la suite. Entre fin 2001 et fin 2005, les services personnels sont restés créateurs d'emploi : + 1,9 %.
Selon l'URSSAF, à fin 2004, 128 700 particuliers employaient du personnel à domicile en Rhône-Alpes[1]. Ce nombre a affiché une croissance significative (supérieure à 4 % par an) au cours des trois années précédentes.
Le Plan Borloo, entré en vigueur début 2006, vise à soutenir le développement de ces activités, notamment à travers la mise en place du chèque emploi service universel.
Ce secteur, dont les acteurs historiques étaient les associations, s'ouvre de plus en plus aux entreprises. Les structures tendent à se professionnaliser et à se fédérer afin de mieux répondre aux besoins. En novembre 2006, on dénombrait 394 associations et 214 entreprises agréées de services à la personne en Rhône-Alpes[2]. Le nombre d'entreprises agréées avait ainsi doublé entre novembre 2005 et novembre 2006.
L'emploi dans les services aux entreprises a progressé de 55,8 % entre 1990 et 2005, avec là encore, un ralentissement du rythme de progression à partir de 2001.
Les services opérationnels se sont montrés les plus actifs, avec un doublement des effectifs entre 1990 et 2005. Entre fin 1997 et fin 2005, les activités d'assainissement, de voirie et de gestion des déchets ont été très dynamiques (+ 71,5 %). La sélection et fourniture de personnel a également affiché une forte progression des effectifs au cours de cette période (+ 63,9 %, soit 30 000 salariés supplémentaires). Malgré un ralentissement du rythme de progression, ces deux activités sont restées créatrices d'emploi après 2001. Sur la période 1997-2005, les effectifs de l'organisation de foires et salons se sont accrus de + 87 %, malgré un tassement à partir de 2001.
L'emploi dans les activités de conseil et assistance s'est accru de 56 % en Rhône-Alpes entre 1990 et 2005, soit un peu moins que dans l'ensemble du pays (+ 61 %). Depuis 1997, elles ont été particulièrement tirées par les activités de conseil pour les affaires et la gestion et les activités informatiques (+ 62 %), malgré un ralentissement significatif à partir de 2001 dans ces deux activités. Entre fin 2001 et fin 2005, plusieurs activités sont restées créatrices d'emplois : + 3,8 % dans les services informatiques, + 2,2 % pour le conseil en affaires et gestion, + 3,5 % pour les activités juridiques, + 6 % pour les activités comptables, + 28,7 % pour les activités d'architecture, + 15,8 % pour l'ingénierie/études techniques, + 157 % pour les études de marché/sondages.
L'emploi salarié dans les activités de recherche et développement s'est accru de 27,4 % depuis 1990, soit davantage qu'au niveau national (+ 17,1 %). La progression est restée sensible ces dernières années et plus forte qu'au plan national : + 18,4 % entre fin 2001 et fin 2005. La spécificité rhônalpine en matière de recherche et développement tend ainsi à se renforcer.
Le secteur des transports a connu un développement important de son activité entre 1995 et 2001, plus marqué en Rhône-Alpes qu'au plan national. Entre 2001 et 2004, globalement, le niveau d'emploi s'est tassé. Toutefois, sur la période fin 2001-fin 2005, les effectifs salariés du transport ont progressé de 3,6 %, avec un rôle moteur joué par le transport routier de voyageurs (+ 12,9 %), l'organisation du transport de fret (+ 7,7 %), et les agences de voyage (+ 9,7 %).
En Rhône-Alpes comme au niveau national, les activités financières et immobilières ont été les activités de services les moins porteuses en termes d'emploi depuis 1990. Ces dernières années, l'emploi salarié des activités financières a peu progressé : + 1,5 % entre fin 2001 et fin 2005[3], les auxiliaires financiers et d'assurance jouant un rôle moteur.
Dans l'immobilier, la croissance de l'emploi a été un peu plus forte sur la période : + 3,6 %.
Avec la redynamisation du marché immobilier depuis 2001, certaines activités ont toutefois connu un développement encore plus marqué. Entre fin 2001 et fin 2005, plusieurs activités de l'immobilier ont ainsi enregistré de fortes progressions de leur niveau d'emploi : la promotion immobilière de logements (+ 24,3 %), les marchands de biens immobiliers (+ 27,7 %), les agences immobilières (+ 25,7 %).
Le boom immobilier s'est notamment traduit par une très forte augmentation des prix de vente. Le prix moyen de vente au m² des logements collectifs neufs rhônalpins (hors stations de ski) a ainsi dépassé la barre des 2 000 euros en début 2003, puis celle des 3 000 euros à la mi-2006[4].
Le développement des services se réalise aussi par la création d'entreprises. Les services ont pris toute leur part dans la forte progression de la création d'entreprises enregistrée ces dernières années. C'est particulièrement le cas pour les services aux entreprises, l'immobilier et les services aux particuliers (hors hôtels-cafés-restaurants) qui ont enregistré une progression de la création d'entreprises plus forte que pour l'ensemble des activités entre 2003 et 2006.
En 2006, avec 17 221 créations d'entreprises, les services ont représenté 52,8 % de l'ensemble des créations en Rhône-Alpes (51,8 % en France).
Les besoins d'emplois dans le secteur des services resteront cependant importants dans les années à venir. Selon les analyses réalisées par l'INSEE et les Chambres de commerce et d'industrie de Rhône-Alpes[5], les services marchands devraient encore constituer le premier gisement d'emplois d'ici 2010. A cet horizon, le nombre de Rhônalpins exerçant un métier des services marchands pourrait avoir augmenté de 150 000 à 230 000 personnes selon la conjoncture[6]. La croissance de l'emploi des services marchands se poursuivrait ainsi à un bon rythme. Leur part dans la population active pourrait ainsi croître de quatre points.
Contrairement à ce qui a été observé au cours de la décennie 1990, les services aux entreprises devraient être davantage créateurs d'emploi que les services aux particuliers. Les informaticiens, les personnels d'études et de recherche, les cadres administratifs, comptables et financiers ainsi que les formateurs et recruteurs compteraient parmi les familles professionnelles les plus recherchées.
Les métiers des services aux particuliers devraient continuer de progresser, selon un rythme cependant ralenti. Le nombre de professionnels des services aux particuliers par habitant augmenterait donc encore mais commencerait à atteindre un palier. Les métiers d'assistantes maternelles et d'aides à domicile resteraient des métiers fortement créateurs d'emplois, générant 20 % des nouveaux emplois liés aux services marchands. Les besoins tendent à se développer du fait de la modification des modes de vie et de l'allongement de celle-ci.
[1] Horizons Economiques, URSSAF de la région Rhône-Alpes, septembre 2005 - n°5. Ces données ne prennent en compte ni les assistantes maternelles ni le personnel de maison salarié d'une association d'aide à domicile prestataire de service.
[2] Source : Direction régionale du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle
[3] Source : Assedic
[4] Source : DRE
[5] La Lettre-Analyse, INSEE Rhône-Alpes et Chambres de commerce et d'industrie Rhône-Alpes, n°38 - juin 2005 et n° 46 - octobre 2005.
[6] L'analyse prospective conduite par l'INSEE et les CCI de Rhône-Alpes porte sur des métiers exercés particulièrement dans les services marchands, par des Rhônalpins et non pas en Rhône-Alpes. En 2000, 9 % des personnes exerçant un métier des services marchands résidant en Rhône-Alpes travaillaient en dehors de la région (soit deux fois plus que la moyenne pour l'ensemble des métiers).




