Une activité économique majeure pour la région
Le tourisme est une activité économique essentielle pour Rhône-Alpes, puisqu'il induit une consommation de près de 10 milliards d'euros soit 10,7 % du total national (en 2005)[1]. Ce montant intègre à la fois la consommation des touristes pour des activités caractéristiques (hébergement, restauration, loisirs), la consommation liée aux séjours (alimentation, déplacements sur place.) et la consommation touristique intérieure (notamment transport domicile-lieu de séjour).
Si l'on rapporte cette consommation touristique au PIB régional pour donner un ordre de grandeur de ce que pèse le tourisme dans l'économie régionale, on obtient 6 % du PIB en Rhône-Alpes. Si un pourcentage conséquent de la consommation touristique nationale est réalisé en Rhône-Alpes, le tourisme représente toutefois une part nettement moindre de l'économie régionale qu'en Provence-Alpes-Côte d'Azur ou Languedoc-Roussillon. Pour ces régions, la consommation touristique équivaut respectivement à 10,2 % et 12,9 % du PIB. En Ile-de-France, ce ratio n'est que de 3 %.
En 2004, 343 communes de Rhône-Alpes ont perçu la taxe de séjour, alors qu'elles n'étaient que 195 en 1998. Le produit de la taxe a atteint 23,9 millions d'euros, soit 17,3 % du total national[2].
L'impact économique du tourisme est aussi lié aux investissements réalisés par les opérateurs. Au plan national, les secteurs de l'hébergement et de la restauration réalisent la majeure partie de l'investissement touristique marchand (60 % en 2003). Les investissements en équipements touristiques représentent quant à eux 20 % du total, dont un tiers pour les remontées mécaniques[3]. Compte tenu de la concentration des stations de sport d'hiver en Rhône-Alpes, l'importance des remontées mécaniques dans l'investissement touristique est encore plus forte dans la région.
En 2006, l'investissement des stations de sport d'hiver rhônalpines (remontées mécaniques et autres investissements, hors stations rhônalpines du Massif central) a été estimé à 231 millions d'euros HT (soit 64 % du total national). La Savoie assure à elle seule 58 % du montant régional[4]. Les installations nouvelles de remontées mécaniques ont représenté un investissement de 100 millions d'euros en 2006[5]. Après une saison d'hiver difficile compte tenu du manque de neige, ces investissements auraient reculé sensiblement en 2007.
Les activités caractéristiques du tourisme offrent près de 97 000 emplois salariés en Rhône-Alpes. Ce chiffre ne prend pas en compte les effectifs salariés des activités non répertoriées dans le tourisme mais qui peuvent cependant en dépendre largement dans certains bassins d'activités (commerces, transports, activités récréatives.). Il intègre par contre l'ensemble des effectifs de la restauration.
Après une forte progression à la fin des années quatre-vingt-dix, l'emploi de ces activités touristiques a encore progressé de 10 % depuis fin 2001, soit un rythme annuel moyen de 1,9 % de 2002 à 2006 (contre + 0,6 % pour l'ensemble des activités marchandes).
L'emploi touristique a été dynamisé par les activités de restauration, les hébergements touristiques (hors hôtels et campings) et les remontées mécaniques, à l'exception pour cette dernière activité de l'année 2006, marquée par les difficultés liées au manque de neige.
| Nombre d'établissements employeurs | Nombre de salariés | Variation du nombre de salariés 2001/2006 | |
|---|---|---|---|
| Hôtels touristiques avec restaurant | 2 147 | 20 973 | - 1,8 % |
| Hôtels touristiques sans restaurant | 453 | 2 870 | + 40,0 % |
| Autres hôtels | 93 | 320 | - 40,1 % |
| Auberges de jeunesse, refuges | 20 | 115 | - 38,2 % |
| Exploitation de terrains de camping | 193 | 525 | + 5,2 % |
| Autres hébergements touristiques | 751 | 8 158 | + 10,7 % |
| Restauration de type traditionnel | 7 509 | 36 049 | + 16,6 % |
| Restauration de type rapide | 1 413 | 9 790 | + 20,2 % |
| Cafés tabacs | 236 | 492 | + 15,8 % |
| Débits de boisson | 1 169 | 2 857 | + 10,8 % |
| Téléphériques, remontées mécaniques | 102 | 8 803** | - 0,8 %* |
| Agences de voyages | 889 | 5 417 | + 9,6 % |
| Activités thermales | 20 | 371 | + 20,8 % |
| Total | 14 995 | 96 740 | + 9,7 % |
(ouverture partielle des domaines du fait du manque de neige).
L'emploi a progressé de 15,5 % entre fin 2001 et fin 2005.
**Selon les statistiques du SNTF pour la saison 2006/2007,
qui intègrent tous les exploitants y compris les structures publiques,
l'effectif maximum employé au cours de la saison a été de 17 600 salariés.
Source : UNEDIC au 31/12/06 (données provisoires)
5,6 % de l'emploi des activités marchandes[6] rhônalpines sont assurés par ces activités caractéristiques du tourisme, soit un peu plus qu'en moyenne au plan national. Le poids direct du tourisme, au sein du tissu économique, est nettement plus élevé dans certaines zones touristiques des Alpes. Il atteint ainsi 38 % en Tarentaise, 24 % en Maurienne et 21 % dans le Chablais.
dans l'emploi des activités marchandes

Au cours des dernières années, l'orientation touristique des territoires alpins s'est encore renforcée. Les zones d'emploi alpines sont ainsi celles qui ont connu les plus fortes progressions de l'emploi dans les activités touristiques, ces dernières représentant pour elles une part croissante de l'emploi marchand.
La présence en Rhône-Alpes de nombreux centres d'intérêt touristique, permettant notamment la pratique d'activités sportives et de loisirs, a contribué au développement d'entreprises leaders en matière d'articles de sport et d'équipement outdoor (Voir la fiche pôle "Sport/Loisirs").
dans l'emploi marchand entre fin 2001 et fin 2005, par zone d'emploi
(Taille du disque proportionelle aux effectifs; les axes du graphique se coupent à la valeur moyenne au niveau régional)
[1] Consommation touristique intérieure, Comptes du Tourisme, Direction du tourisme.
[2] Y compris taxe forfaitaire, Mémento du tourisme Rhône-Alpes, 2006
[3] Le Tourisme en France, édition 2005.
[4] Montagne Leaders n°199
[5] Ministère de l'équipement / STRMTG
[6] L'INSEE évalue le tourisme à 4,6 % de l'emploi salarié global.




