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5. L'environnement économique / 5.1 Le marché de l'emploi

L'atout de la qualification des emplois

Les chefs d'entreprises, les professions intermédiaires et les ouvriers sont mieux représentés au sein de la ressource humaine en Rhône-Alpes qu'au plan national.

Rhône-Alpes est la deuxième région française concernant les cadres et professions intellectuelles supérieures, avec 9 % des effectifs nationaux. Ils sont toutefois moins représentés dans la région comparativement à la moyenne nationale, du fait notamment de leur importante concentration en Ile-de-France.

Certains départements rhônalpins affichent de nettes spécificités en matière de catégories socioprofessionnelles de leurs emplois. Les employés sont ainsi très présents en Savoie, département au profil touristique marqué, tandis que les ouvriers sont le plus fortement représentés dans l'Ain et la Loire (part de l'emploi supérieur à 30 %).

Les emplois de cadres et des professions intellectuelles supérieures sont relativement concentrés dans les départements du Rhône et de l'Isère, correspondant aux territoires d'inscription des deux métropoles de Lyon et Grenoble : ces deux départements concentrent 62 % de ces emplois contre 49 % pour l'emploi total. Les professions intermédiaires sont également mieux représentés dans ces deux départements que dans le reste de la région.

Les grandes agglomérations urbaines concentrent les fonctions de commandement, et de ce fait, les emplois métropolitains supérieurs (EMS) qui correspondent essentiellement aux plus hauts niveaux de qualification - de type cadre ou ingénieur - et présentent souvent un important contenu décisionnel. Ce potentiel en « talents » professionnels d'encadrement et de création contribue fortement à l'image de marque des villes, à leur rayonnement et à leur attractivité économique vis-à-vis des entreprises.

Selon une étude de l'INSEE[1], l'ensemble Lyon-Grenoble se place au deuxième rang français (après Paris) en termes d'emplois correspondant à des fonctions supérieures, puisqu'il en concentrait plus de 100 000 en 1999.

Photo : PhotoDisc

Rhône-Alpes dans son ensemble compte près de 169 000 emplois métropolitains supérieurs (+ 17 % entre 1990 et 1999). Six de ses aires urbaines (Grenoble, Lyon, Annecy, Valence, Chambéry, Saint-Etienne) figurent dans le palmarès des aires urbaines françaises les plus tournées vers les fonctions stratégiques[2], ce qui reflète bien l'architecture multipolaire de l'armature métropolitaine rhônalpine.

Contrairement aux autres régions du pays, ce n'est pas dans la capitale rhônalpine que le taux d'emplois supérieurs est le plus élevé. Grenoble est ainsi la deuxième agglomération nationale pour ce taux, avec 12,7 % de l'emploi total. La ville apparaît spécialisée dans les fonctions de recherche (publique et privée) ainsi que dans l'informatique.

L'agglomération lyonnaise se place en cinquième position au niveau national en part des emplois métropolitains supérieurs dans l'emploi total (10,6 %), mais au deuxième rang après Paris en volume, avec près de 76 000 de ces emplois. Elle affiche un profil métropolitain généraliste, proche du modèle parisien, offrant un large panel de services aux entreprises et d'activités de haute technologie. Les fonctions commerciales, logistiques et de marketing liées à l'industrie sont plus présentes à Lyon que dans les autres métropoles françaises.

Ces dernières années, l'emploi cadre s'est développé fortement dans la région. Selon l'APEC, Rhône-Alpes a enregistré la création nette de 5 420 emplois de cadres en 2006, soit une augmentation de près de 12 % par rapport à 2005.

Les fonctions commerciales sont en tête des recrutements, suivies par les emplois en production industrielle / chantier. Ils représentent chacun environ un cinquième du volume total des embauches de cadres. La région se distingue également avec une part de recrutements dans les fonctions d'études / R&D plus de deux fois supérieure à celle enregistrée en France.

2006 constitue une année record pour le recrutement de cadres, avec près de 18 000 recrutements au total effectués par les entreprises rhônalpines (+ 19 % par rapport à 2005).

Le secteur des services est le plus porteur pour les cadres (près de 60 % des opportunités en 2006).

Rhône-Alpes se place au deuxième rang français pour le niveau moyen de salaire, derrière l'Ile-de-France qui tire la moyenne nationale vers le haut. Ce mécanisme est d'autant plus prononcé que le niveau de PCS (catégorie socioprofessionnelle) est élevé : les salaires des chefs d'entreprises et des cadres et professions intellectuelles supérieures sont ainsi moins élevés en Rhône-Alpes qu'en moyenne en France.

La région affiche cependant un salaire net moyen supérieur à celui de l'ensemble de la province.

Au plan international, parmi 71 grandes métropoles mondiales, Lyon figure au 23ème rang pour le niveau moyen du salaire brut. Elle est au 16ème rang des métropoles européennes (16ème aussi pour le niveau du salaire net)[3]. Le salaire net moyen est inférieur de 39 % à celui de Genève, de 27 % à celui de Londres, de 18 % à celui de Munich.


[1] La Lettre INSEE Rhône-Alpes, n°54, juin 2006 (données issues du recensement de 1999)

[2] Classement des aires urbaines françaises de plus de 50 000 habitants, ayant une part d'EMS supérieure à 6 % de l'emploi

[3] "UBS, Prix et salaires. Une comparaison du pouvoir d'achat dans le monde, édition 2006". Classement de 71 métropoles économiques mondiales, à partir de données sur les salaires de 14 professions. Les calculs prennent en comptent les salaires, les déductions sociales et les durées de travail (salaires bruts), ainsi que les déductions d'impôts et les cotisations sociales (salaires nets).

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