Un marché de l'emploi en croissance
Le nombre total d'emplois est en augmentation en Rhône-Alpes depuis 1998, mais le rythme de développement a décéléré depuis 2002 : entre fin 1997 et fin 2004, le volume s'est ainsi accru de près de 220 000 emplois. Entre fin 2001 et fin 2004, il s'est accru de 25 000 emplois. Depuis 10 ans, l'évolution de l'emploi a été plus favorable en Rhône-Alpes qu'au plan national.
Ces dernières années, l'emploi non salarié a progressé à un rythme plus soutenu que l'emploi salarié. L'emploi non salarié dans les services s'est notamment accru de près de 10 % entre fin 2001 et fin 2004.
Variation de l'emploi total (en indice, base 100 en 1989)
Cette croissance globale de l'emploi est la résultante de variations fortement différenciées selon les secteurs d'activité. Sur quinze ans, de 1990 à 2005, l'agriculture a enregistré une perte régulière de ses effectifs : sa part dans l'emploi total est ainsi passé de 4,2 % fin 1989 à 2,5 % fin 2004. L'industrie a quant à elle connu deux périodes de repli des effectifs : de 1990 à 1993 et depuis 2002. C'est donc le tertiaire qui a joué un rôle moteur dans le développement de l'emploi. La part des services dans l'emploi total est passée de 49 % à 57 %. La construction a retrouvé en 2005 son niveau d'emplois du début de la décennie quatre-vingt-dix.
Les entreprises régionales ont continué à développer leur niveau d'emplois ces dernières années. De fin 2001 à fin 2005, à l'exception de l'année 2003, l'emploi salarié privé s'est accru chaque année en Rhône-Alpes. Après + 0,8 % en 2005, l'emploi salarié du secteur marchand s'est accru de 1,5 % en 2006 selon les premières estimations[1].
Les pertes d'emploi dans l'industrie ont ainsi été plus que compensées par les créations nettes d'emploi dans les services, mais aussi dans le commerce et la construction, le solde net de créations de ce dernier secteur s'étant amplifié d'année en année.
Au plan territorial, le développement de l'emploi du secteur marchand a été différencié. Entre fin 2001 et fin 2005, certaines zones d'emplois de la région connaissent un repli plus ou moins prononcé des effectifs salariés des activités marchandes. Si la disparition des emplois reste limitée dans les bassins de Romans-Saint-Marcellin, de la Vallée de l'Arve, du Genevois-Français, du Beaujolais-Val de Saône, de Saint-Etienne et de Belley, elle est beaucoup plus prononcée à Oyonnax (- 6,8 %) et Annonay (- 7,3 %).
A l'inverse, les zones d'emplois de la Maurienne, de Chambéry et du Chablais voient leurs effectifs salariés augmenter de plus de 6 % entre 2001 et 2005. L'emploi dans le secteur marchand progresse également de façon conséquente en Isère, dans une grande partie de la Drôme et en Ardèche méridionale.
Après une remontée du chômage entre 2001 et 2003, la tendance est de nouveau à la baisse, ce recul étant plus accentué au niveau régional qu'au niveau national. Fin 2006, le taux de chômage en Rhône-Alpes est passé en dessous du niveau atteint en 2001.
Plusieurs facteurs ont contribué à l'amélioration de la situation du marché de l'emploi rhônalpin[2] :
- une croissance ralentie de la population active ;
- un niveau d'embauche relativement élevé ;
- le très net ralentissement des plans sociaux et des licenciements économiques associés, qui s'est accompagné de la mise en ouvre de conventions de reclassement personnalisé ;
- la montée en charge progressive des politiques d'emploi et des contrats de travail aidés.
Le taux de chômage reste moins élevé en Rhône-Alpes que dans l'ensemble du pays : fin 2006, il s'établissait à 7,4 % des actifs de la région (contre 8,6 % à l'échelle de la France). Rhône-Alpes se situe au 4ème rang national des régions ayant le taux de chômage le plus bas[3], derrière le Limousin, la Bretagne et les Pays de la Loire, et présente ainsi une meilleure performance que les autres grandes régions économiques françaises : Nord-pas-de-Calais (12,0 %), Provence-Alpes-Côte d'Azur (10,4 %), Midi-Pyrénées (8,7 %), Ile-de-France (8,0 %).
Les plus forts taux de chômage sont enregistrés dans les départements du Sud de la région (Ardèche et Drôme). A l'inverse, c'est dans le Nord de Rhône-Alpes que le chômage est le plus faible (Ain et Haute-Savoie). Ce secteur géographique proche de la frontière bénéficie des opportunités d'emplois du marché suisse.
Les huit départements rhônalpins affichent une nette diminution du nombre de demandeurs d'emploi en 2006, les plus importantes étant enregistrées dans la Loire et en Savoie.
| Demandeurs d'emploi* au 31/12/2006 (données brutes) |
Variation du nombre de demandeurs d'emploi sur un an |
Taux de chômage au 31/12/2006 (données CVS**) |
|
|---|---|---|---|
| Ain | 12 587 | - 7,6 % | 5,6 % |
| Ardèche | 10 008 | - 4,7 % | 9,2 % |
| Drôme | 16 325 | - 8,3 % | 9,7 % |
| Isère | 31 469 | - 10,0 % | 7,3 % |
| Loire | 23 215 | - 11,6 % | 8,6 % |
| Rhône | 54 781 | - 9,4 % | 8,1 % |
| Savoie | 9 327 | - 11,5 % | 6,2 % |
| Haute-Savoie | 15 367 | - 9,3 % | 5,8 % |
| Rhône-Alpes | 173 079 | - 9,4 % | 7,4 % |
*Catégorie 1
**corrigées des variations saisonnières
Environ un quart des demandeurs d'emploi rhônalpins sont au chômage depuis plus d'un an. Cette proportion reste globalement stable au fil des années et est nettement inférieure à la part du chômage de longue durée à l'échelle de la France. Le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée est en nette diminution en Rhône-Alpes depuis 2003 :
- 12,3 % entre fin 2005 et fin 2006.
Les employés constituent la qualification la plus représentée parmi les demandeurs d'emploi. C'est aussi le cas en Rhône-Alpes mais de façon moins prononcée qu'au plan national.
Il y a par contre plus d'ingénieurs et cadres, de techniciens et d'ouvriers qualifiés, en part relative, qu'au plan national.
De nombreuses entreprises rencontrent des difficultés pour réaliser les recrutements projetés. L'analyse annuelle de l'adéquation entre offres et demandes d'emploi[4] réalisée par la DRTEFP montre que Rhône-Alpes s'est inscrite en 2006 dans la tendance nationale de hausse de la tension sur la demande d'emploi du fait d'une progression des offres d'embauche et de la baisse du nombre de demandeurs d'emploi inscrits. Entre septembre 2005 et septembre 2006, elle fait partie des régions françaises ayant connu les plus forts accroissements des tensions sur le marché du travail. Le niveau de tensions en Rhône-Alpes était plus élevé qu'en moyenne en France en septembre 2006[5].
L'ampleur des tensions sur la demande d'emploi est variable d'un territoire à l'autre. Les vallées alpines (Maurienne, Tarentaise, Arve) présentaient fin 2006 les difficultés de recrutement les plus importantes.
Pour les métiers reproduisant la répartition spatiale de la population comme le bâtiment, les services de proximité ou le commerce, les phénomènes de tension se répercutent sur l'ensemble du territoire régional.
Dans un contexte d'évolution à la hausse en 2007 des projets de recrutement des entreprises (+ 3 % par rapport à 2006), l'enquête Assedic sur les besoins de main d'ouvre montre qu'en Rhône-Alpes pour 48 % de ces projets, le recrutement est jugé difficile par les chefs d'entreprises[6]. Le secteur du BTP est largement touché par ces difficultés, pour la plupart des métiers et qualifications pour lesquels il recrute. Les emplois de cuisiniers, de bouchers, charcutiers et boulangers, de chauffeurs routiers, pour lesquels les projets de recrutement sont nombreux, demeurent aussi largement touchés par les difficultés de recrutement.
Pour ce qui est de l'industrie, même si globalement la tendance de l'emploi reste à la baisse, les entreprises ont néanmoins de nombreux projets de recrutement, pour des emplois qualifiés, et elles rencontrent des difficultés importantes pour pourvoir certains de ces emplois.
| Nombre de projets de recrutement en 2007 |
% des cas avec difficultés de recrutement |
|
|---|---|---|
| Tous métiers | 146 625 | 48 % |
Parmi les métiers avec de fortes difficultés de recrutement | ||
| Ouvriers qualifiés des IAA | 505 | 86 % |
| Chaudronniers, tôliers industriels | 841 | 82 % |
| Conducteurs transports en commun | 1 188 | 81 % |
| Ouvriers de la construction et du bâtiment | 18 733 | 76 % |
| Ouvriers qualifiés travaillant par enlèvement de métal | 983 | 76 % |
| Mécaniciens automobiles qualifiés | 726 | 74 % |
| Techniciens du BTP | 1 505 | 70 % |
| Ouvriers qualifiés de la mécanique | 2 053 | 69 % |
| Cadres du BTP | 1 328 | 67 % |
| Bouchers, charcutiers, boulangers | 1 310 | 67 % |
| Ouvriers qualifiés électricité et électronique | 698 | 66 % |
| Chauffeurs routiers | 3 093 | 64 % |
| Ingénieurs et cadres spécialistes de l'informatique | 2 104 | 62 % |
| Techniciens et agents de maîtrise de la maintenance | 1 245 | 62 % |
| Ouvriers qualifiés de la maintenance | 783 | 61 % |
| Cuisiniers | 5 542 | 58 % |
[1] Source Assedic
[2] DRTEFP Rhône-Alpes - Service Etudes, Prospective, Evaluation, Statistiques
[3] INSEE, taux de chômage au sens de l'ANPE
[4] DRTEFP Rhône-Alpes, Les difficultés de recrutement en Rhône-Alpes. Actualisation décembre 2006, Ministère de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement, mai 2007 (tension : rapport entre offre et demande d'emplois)
[5] DARES, Premières informations n°06.2, février 2007
[6] Assedic Vallées du Rhône et de la Loire et Alpes, Besoins en main d'ouvre en 2007




