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5. L'environnement économique / 5.3 La recherche et l'innovation

Une recherche rhônalpine qui rayonne au plan international

Dans le contexte français caractérisé par la concentration en Ile-de-France de 40 % des moyens de recherche (publique et privée), Rhône-Alpes est la première région de province pour le potentiel de recherche. Elle devance largement les régions Midi-Pyrénées et Provence-Alpes-Côte d'Azur. Rhône-Alpes, comme Midi-Pyrénées et l'Auvergne, affiche une certaine spécialisation en matière de recherche : elle représente une part nationale de la dépense en R&D supérieure à sa part du PIB.

Les dépenses de recherche et développement (R&D) réalisées en Rhône-Alpes sont supérieures à celles de l'Autriche, de la Lombardie ou des régions de Madrid et Barcelone réunies. Elles correspondent à plus du double de celles de l'Irlande[1].

Rhône-Alpes figure avec Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, l'Auvergne et l'Ile-de-France parmi les régions de l'Union européenne qui consacrent plus de 2 % de leur PIB à la R&D (2,48 % en 2004). On remarque toutefois que le ratio est supérieur à 4 % dans les régions de Stuttgart, Oberbayern ou Stockholm. Il l'est aussi en Midi-Pyrénées en 2004.

  DIRD* totale en millions euros en 2004 Part de la DIRD* française
Ile-de-France 14 506 42,4 %
Rhône-Alpes 3 927 11,5 %
Midi-Pyrénées 2 681 7,8 %
Provence-Alpes-Côte
d'Azur-Corse
2 260 6,6 %
Total France régionalisé 34 182 100,0%
* Dépense intérieure de R&D
Source : MENESR - DEPP B2

La recherche rhônalpine compte de nombreux laboratoires de recherche publique.

Elle compte de grands centres internationaux : l'Institut Laue Langevin (ILL - Réacteur à haut flux de neutrons), le Laboratoire Européen du Rayonnement Synchrotron (ESRF), le Laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL), l'Institut de Radioastronomie Millimétrique (IRAM), le laboratoire de haut champ magnétique (LCMI) dans l'agglomération grenobloise, le Centre Européen de Recherche Nucléaire à la frontière genevoise, le Centre International de Recherche sur le Cancer, l'Institut international des éléments traces, le Centre européen de recherche en virologie immunologie (CERVI) dans l'agglomération lyonnaise.

Recherche publique Rhône-Alpes en 2004 Part de Rhône-Alpes dans le total régionalisé France métropolitaine
Dépenses intérieures 1 280 M.euros 10,7 %
Effectif (en équivalent temps plein recherche) 15 516 10,6 %
dont chercheurs
(dont boursiers de thèse)
10 157 11,2 %
dont autres personnels** 5 360 9,6 %
**ingénieurs, techniciens et administratifs
Source : MENESR - DEPP B2

Par rapport à l'ensemble de la France, le potentiel de recherche publique est caractérisé par une forte présence du CNRS ainsi que des laboratoires universitaires. Les grands organismes français de recherche (CEA, INRIA, INRA, CEMAGREF, INRETS, INSERM, ONERA) sont aussi présents en Rhône-Alpes.

Si Rhône-Alpes représente 10,7 % des dépenses de la recherche publique française, ses chercheurs des institutions publiques sont à l'origine de 12,6 % des publications scientifiques françaises. Cette part des publications nationales a progressé entre 1999 et 2004. Rhône-Alpes joue un rôle particulièrement important pour la recherche nationale en physique (18,7 %), chimie (16,4 %) et en sciences pour l'ingénieur (15,2 %)[2].

Rhône-Alpes est une région leader de la recherche européenne. Elle figure au 5ème rang des régions de l'Union européenne pour le potentiel technologique et scientifique, alors que l'Ile-de-France est première[3].

En termes de publications scientifiques, Rhône-Alpes figure au 8e rang des régions européennes; entre 2001 et 2004, la part de la région en Europe s'est tassée, mais dans un contexte de recul pour l'ensemble des grandes régions.

Régions Part des publications scientifiques UE25 en 2004 (%) Evolution de la part 2001-2004 (%)
1.Londres intra-muros (RU) 3,93 - 7
2.Paris intra-muros 2,50 - 8
3.Danemark 2,05 0
4.Région d'Oxford (RU) 1,93 -15
5.Région de Madrid 1,86 + 3
6.Lombardie 1,83 +2
7.Région de Munich 1,77 - 6
8.Rhône-Alpes 1,72 - 4
(...)    
12.Catalogne 1,59 + 7
14.Grande couronne parisienne 1,40 - 5
15.Région d'Helsinki 1,35 0
16.Région de Stockholm 1,27 - 5
25.Petite couronne parisienne 1,06 - 13
Source : rapport OST 2006

Rhône-Alpes est au 1er rang des régions européennes, avec Madrid, pour les publications scientifiques en chimie. Elle est au 2e rang après Paris en physique et au 3e rang après Paris et Londres en sciences pour l'ingénieur. Dans le contexte européen, Rhône-Alpes affiche aussi une certaine spécialisation en mathématiques, avec une part des publications dans ce domaine en progression de 2001 à 2004.

Neuf réseaux d'excellence européens de recherche (REX) sont coordonnés par un acteur rhônalpin, parmi les 48 réseaux reconnus par la Commission européenne, ce qui témoigne de la reconnaissance internationale de la recherche rhônalpine :

  • Nano-2-life (Nanobiotechnologies) (CEA de Grenoble)
  • VIRGIL (Cancer du foie, hépatite C) (INSERM Lyon)
  • HUMANIST (Transports) (INRETS)
  • SINANO (Nanosystèmes à base de Silicium) (CNRS, INPG, ENSERG Grenoble)
  • KALEIDOSCOPE (technologies d'éducation et de formation) (CNRS, IMAG Grenoble)
  • ARTIST2 (Software and Systems) (UJF-INPG)
  • VRL (INPG)
  • ISIS (TIC - haut débit) (CNRS)
  • CONTICANET (Cancers des tissus conjonctifs) (Université Lyon 1, Cancéropôle Lyon Auvergne Rhône-Alpes).

Deux réseaux rhônalpins ont été labellisés « Réseau thématique de recherche avancée » en 2006 par le Gouvernement français :

  • « Nanosciences aux limites de la nanoélectronique » à Grenoble (670 chercheurs de 35 laboratoires du CEA, CNRS, de l'INPG et de l'Université Joseph Fourier.) centré sur le défi de la miniaturisation extrême en électronique. Ce réseau est couplé au pôle MINATEC, pôle européen d'innovation de premier plan en matière de micro et de nanotechnologies.
  • « Innovations thérapeutiques en infectiologie », centré sur Lyon, qui réunit 27 laboratoires et 360 chercheurs (ENS Lyon, Universités Claude Bernard Lyon 1 et Joseph Fourier, CNRS, INSERM, INRA, INRIA, CEA, Lyonbiopole.).

Par ailleurs, l'un des quatre Instituts d'études avancées en sciences humaines et sociales du réseau national labellisé RTRA est localisé à Lyon (porté par l'ENS Lettres et sciences humaines).

Ces réseaux thématiques de recherche avancée conduisent des projets d'excellence scientifique en mobilisant les meilleures centres de recherche français, reconnus parmi les tous premiers au plan international.


[1] Annuaire statistique des régions Eurostat 2005 (pour année 2002).

[2] Rapport OST 2006, année 2004.

[3] Analyse de l'OST pour le compte de la DATAR, pour l'année 2001, citée dans « La France, puissance industrielle »

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