La nécessaire prise en compte de la problématique de l'innovation dans les PME / PMI
Le processus du développement technologique, et plus largement de l'innovation, apparaît particulièrement complexe pour les petites entreprises industrielles et artisanales (PEIA : moins de 20 salariés). Les constats suivants sont tirés des diagnostics réalisés par les CCI de Rhône-Alpes en 2001 :
- les petites structures manquent de temps et de moyens humains pour mettre en place une démarche stratégique d'innovation ;
- elles rencontrent des difficultés pour la valorisation et la commercialisation de l'innovation : les PEIA ont en général peu de compétences marketing ;
- une moindre ambition et une plus faible agressivité face à la concurrence ne favorisent pas l'innovation ;
- l'individualisme des dirigeants freine le développement technologique. Les petites entreprises sont par ailleurs souvent isolées : les laboratoires de recherche et les universités collaborent davantage avec les grandes entreprises ;
- les petites entreprises rencontrent des difficultés liées aux compétences et à l'emploi : les travailleurs qualifiés et expérimentés sont attirés principalement par les grandes entreprises ; de plus les petites structures connaissent mal les compétences disponibles.
Pour les petites entreprises industrielles et artisanales, le financement de l'innovation apparaît comme une difficulté majeure. C'est d'ailleurs une faiblesse de la France dans le contexte européen. Le développement technologique induit en effet des coûts importants : dépôt de brevet, réalisation d'essais ou de prototypes, embauche d'un commercial ou d'un technicien, investissement lourd dans l'outil de production. On constate que les fonds propres, que l'on sait limités pour ces entreprises, constituent la première des ressources pour innover.
Les contraintes des PEIA dans leur processus d'innovation apparaissent plus économiques ou liées au management de la technologie (financement, concurrence, pression des clients, ressource humaine.), que purement technologiques. Face aux difficultés qu'elles rencontrent, les PEIA recherchent des appuis dans leur environnement. Les compétences externes auxquelles elles font appel sont diverses. Les conseils de l'expert comptable sont fréquemment sollicités. Nombreuses sont également les entreprises ayant un projet d'innovation qui consultent leur banquier.
Les CCI de Rhône-Alpes prennent une part active dans le dispositif régional de soutien à l'innovation, avec leurs conseillers en développement industriel répartis sur l’ensemble du territoire régional. Ces conseillers constituent le noyau dur des « Espace Innovation » mis en place dans chaque CCI pour orienter et accompagner les projets d’innovation des entreprises. Le principal partenaire des « Espace Innovation » est le Réseau de Diffusion Technologique Rhône-Alpes qui anime un réseau de conseillers en développement technologique issus de structures généralistes ou spécialisées, et qui conseille, accompagne et aide financièrement les projets de développement des petites entreprises. Dans le dispositif des CCI de Rhône-Alpes, ARIST, service de la CRCI, constitue, par ailleurs, une ressource en matière d’accompagnement des projets d’innovation des entreprises et de développement des démarches d’intelligence économique. En matière d’intelligence économique, les CCI de Rhône-Alpes ont adopté en 2006 un schéma directeur visant à renforcer leurs actions de sensibilisation et d’accompagnement des entreprises.
Pour les entreprises de taille moyenne (50 à 250 salariés) également, l'innovation apparaît comme un défi. C'est ce que montre la démarche « Inoways, les chemins de l'innovation », conduite par les CCI de Rhône-Alpes en 2003/2004, dans la perspective d'imaginer des solutions pour aider les PME-PMI rhônalpines à innover plus.
Dans l'industrie, le transport logistique, le commerce de gros, l'informatique, l'ingénierie et l'environnement, on compte près de 1 700 entreprises de taille moyenne en Rhône-Alpes, qui emploient un salarié sur quatre de ces activités. Réactives, disposant de plus de moyens pour innover, elles constituent un vivier de leaders pour assurer le renouvellement du tissu économique. Mais pour se développer, ces entreprises doivent passer un certain nombre de seuils, d'où la nécessité d'un environnement très favorable en matière d'innovation.
Selon l'enquête conduite par les CCI de Rhône-Alpes en octobre 2003, 56 % des entreprises moyennes de Rhône-Alpes estiment qu'elles doivent innover de façon urgente. Certaines reconnaissent pourtant ne pas le faire ou pas suffisamment. Ainsi, 11 % des entreprises innovent peu ou pas, tout en reconnaissant la nécessité de le faire.
Lorsqu'elles innovent, les entreprises le font d'abord sous la pression de la concurrence (43 %) avant celle des clients (36 %) ; la hiérarchie est cependant inversée dans les services, pour lesquels la pression du client est la plus forte.
Malgré leur taille, ces entreprises font face à de multiples freins dans leur processus d'innovation.
Du déficit d'approche marketing découle de nombreux problèmes à différents stades du processus d'innovation : en amont, pour définir tant le concept que le cahier des charges d'un produit innovant ; puis pour convaincre les partenaires, mais aussi en interne, de la viabilité marché du produit, et enfin, pour séduire la clientèle.
L'enquête démontre également que le manque de profils adaptés et la disponibilité du personnel sont des problèmes bien identifiés par les chefs d'entreprises pour mener un processus d'innovation.
Près des deux tiers des entreprises n'ont pas recours à des financements externes pour développer et lancer leurs innovations (y compris le crédit impôt-recherche qui n'est pas connu de 18 % des entreprises). En effet, plusieurs raisons rendent les projets difficilement présentables à de potentiels financeurs : manque de formalisation, des marchés non évalués « d'entrée »...
Pour ces entreprises moyennes, Rhône-Alpes constitue un environnement favorable pour innover. 1/3 des chefs d'entreprises (41 % pour les entreprises les plus innovantes) partagent toutefois l'affirmation selon laquelle Rhône-Alpes est une région trop « confortable » qui se repose sur ses lauriers. Il ressort également, en matière d'actions publiques d'appui à l'innovation, une réelle problématique de lisibilité et de maillage des aides et compétences disponibles en région.
Les agences technologiques et les centres techniques rhônalpins offrent un large éventail de spécialités et compétences pour accompagner l'innovation et le développement des entreprises.
Agriculture et environnement, Agro-Alimentaire, Bâtiment, Biomédical, Cuir/Chaussure, Décolletage, Design, Equipement, Fibres optiques et optique guidée, Fonderie, Fromage, Habillement, Industries aérauliques et thermiques, Matériaux, Mécanique, Numérique, Papier, Pétrole, Plasturgie, Productique, Qualité, Soudure, Technologies de mesure, Teinture/nettoyage, Textile, Tunnels.
Voir aussi les fiches « pôles d'activité et de compétences »




