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5. L'environnement économique / 5.4 Les infrastructures de communication

D'importants enjeux liés aux infrastructures de communication

Rhône-Alpes, et le Grand Sud-Est dans son ensemble, font face à une pression croissante de la demande de transport.

Certains axes de communication sont saturés à certaines périodes ou approchent de la saturation :

  • noeuds routier et ferroviaire lyonnais,
  • autoroute A7 (Vallée du Rhône),
  • liaison Lyon-Saint-Etienne,
  • franchissements routiers et ferroviaires des Alpes. Les fermetures temporaires du Tunnel du Mont-Blanc ou du Fréjus, suite à des accidents, ont préfiguré le blocage que pourraient connaître les points de passage vers l'Italie sans la réalisation de nouvelles infrastructures,
  • vallées d'accès à Grenoble.

Les hypothèses de croissance des déplacements annoncent la congestion de l'axe Saône-Rhône-Languedoc-Roussillon, mais aussi des traversées alpines à certaines périodes.

Les trafics de transit, importants en Rhône-Alpes, contribuent à cette situation. Mais la demande de transport est aussi pour beaucoup liée aux échanges internes à la région ou avec les régions limitrophes. La problématique des infrastructures de transport en Rhône-Alpes se pose à la fois en termes d'intérêt européen/national, régional et local.

Le Grand Sud-Est face à la pression de la demande de transport, en 2000
Le Grand Sud-Est face à la pression de la demande de transport, en 2010

L'intérêt général nécessite aussi de renforcer l'accessibilité de certains territoires de Rhône-Alpes : Roannais, Sud-Ardèche, Sud-Isère, Chablais.

Ce qui est en jeu, outre la qualité de vie dans la région, c'est la compétitivité de l'ensemble du tissu économique. Et au sein de ce tissu économique, le devenir du puissant pôle logistique rhônalpin est directement lié à la maîtrise d'une bonne accessibilité de la région. Rhône-Alpes, plaque tournante d'un grand couloir d'échange européen, a besoin d'un développement de ses infrastructures, tel qu'il est assuré sur d'autres grands axes du Centre Europe.

Les enjeux liés au développement des infrastructures se situent ainsi à la fois au niveau de la fluidité des échanges à l'intérieur de la région, de la structuration du Grand Sud Est et de son ancrage aux espaces de développement européens, avec notamment les liaisons ferroviaires à grande vitesse vers l'Italie/Europe centrale, l'Allemagne et l'Espagne. La non réalisation de ces liaisons ne manquerait pas d'affaiblir le positionnement de Rhône-Alpes en tant que carrefour de grandes relations européennes. Cela irait aussi à l'encontre de la structuration du réseau de transport en Europe.

La Transalpine Lyon-Turin dans le contexte
des grandes diagonales ferroviaires européennes

Ces enjeux conduisent les Chambres de commerce et d'industrie de Rhône-Alpes à soutenir la réalisation de nouvelles infrastructures, avec une triple finalité : valoriser la position de carrefour européen de la région, maintenir la fluidité de l'axe Nord-Sud, développer les liaisons Ouest-Est.

Parmi les projets autoroutiers et routiers demandés :

  • l'A89 Balbigny-Lyon, pour désenclaver le Nord-Ouest de la région et terminer la liaison autoroutière Bordeaux-Clermont Ferrand-Lyon (projet lancé, déclaré d'utilité publique en 2003, mise en service prévue pour 2012),
  • l'A45 Lyon-Saint-Etienne permettant de relier les deux agglomérations en 30 minutes (enquête préalable à la déclaration d'utilité publique réalisée, les CCI ayant à cette occasion remis une pétition avec 50 000 signatures en faveur de l'infrastructure).
  • l'A41 liaison directe Annecy-Genève (projet lancé),
  • l'A48 Ambérieu-Bourgoin Jallieu, tronçon manquant d'un itinéraire structurant Dijon-Grenoble-Valence,
  • l'A51, pour désenclaver le Sud-Isère et ouvrir un nouvel itinéraire structurant Nord-Sud,
  • le contournement autoroutier de Lyon et la rocade Nord de Grenoble,
  • l'élargissement de l'A7 en vallée du Rhône,
  • l'aménagement complet à 2 x 2 voies de la RN7 d'ici 2013,
  • la modernisation des RN 88 (Toulouse-Saint Etienne) et 102 (Liaison Aubenas - Vallée du Rhône).
Parmi les projets ferroviaires soutenus :
  • la Transalpine Lyon-Turin, projet prioritaire du réseau transeuropéen de transport, qui constitue le maillon central du corridor européen Lisbonne-Kiev : le tracé des accès au tunnel international a été arrêté en février 2006, et le programme d'une première phase de réalisation (liaison Lyon - sillon alpin : itinéraires fret et voyageurs) a été arrêté début 2007 pour un coût estimé à 4,4 milliards d'euros.
  • le contournement de Lyon : fuseau adopté fin 2005 et études engagées pour la partie Nord (pour une mise en service en 2015), recherche de fuseau pour la partie sud,
  • la branche Sud du TGV Rhin-Rhône,
  • la liaison du haut Bugey : gain d'une demi-heure sur Paris-Genève (projet en cours).

Les réseaux d'infrastructures restant à achever :
les propositions de l'Office Interconsulaire des
Transports et des Communications du Sud-Est

Pour maîtriser la croissance des flux routiers, l'ambition au niveau national est de reporter une partie du trafic de marchandises sur les modes ferroviaire ou fluvial. L'objectif est de ramener la part modale de la route à 66 % à l'horizon 2020, ce qui implique le triplement du trafic fret ferroviaire à cet horizon. Les infrastructures ferroviaires prévues en Rhône-Alpes sont directement liées à cet objectif, en contribuant à la réalisation de la magistrale Eco-Fret à l'horizon 2015-2020, infrastructure Nord-Sud-Est à forte priorité fret.

Une première réponse est apportée depuis novembre 2003 pour le trafic vers l'Italie, avec la mise en service de l'Autoroute ferroviaire alpine. Cette prestation, réalisée grâce à la mise en service du wagon Modalohr de transport de poids lourds à gabarits réduits, permet de relier en moins de 3 H les plates-formes de transbordement d'Aiton (Savoie) et d'Orbassano (Italie). Une liaison entre Perpignan et Bettembourg (Luxembourg), desservant Rhône-Alpes, sera par ailleurs opérationnelle à l'automne 2007.

Les Chambres de commerce et d'industrie sont favorables au projet d'implantation en région lyonnaise d'un site de chargement/déchargement d'autoroute ferroviaire à l'horizon 2008, considérant qu'un tel aménagement est de nature à apporter un service longue distance plus adapté à la demande des entreprises, et notamment des logisticiens, sur l'axe Rhône-Alpes/Italie.

Pour bien répondre à la demande des entreprises, elles souhaitent qu'à terme, une plate-forme d'autoroute ferroviaire de grande capacité soit aménagée dans l'Est de l'agglomération, en association avec une vaste zone d'accueil d'entrepôts logistiques et un chantier de transport combiné.

Les Chambres de commerce et d'industrie de Rhône-Alpes considèrent que la montée en puissance nécessaire des modes ferroviaire et fluvial, pour prioritaire qu'elle soit, est à considérer comme un complément au système routier, plus que comme une alternative exclusive. Elle ne permettra pas de réduire le trafic de poids lourds (sauf peut être sur certains itinéraires) mais de limiter sa croissance.

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